="fr"> [Candide] interview de Cunégonde et de la Vieille par Camille et Gabriella - Libellulus
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12 février 2014 3 12 /02 /février /2014 17:36


La Condition féminine au XVIIIe siècle d’après Candide de Voltaire.
 

 

Interview de la vieille et de Cunégonde  

Journaliste : La vieille, Voltaire vous appelait ainsi, alors puis-je continuer ainsi ?

La vieille: Il n’y a aucun problème, c’est mon nom.

Journaliste : Alors, vous et Mlle Cunégonde allez nous parler aujourd’hui de la condition féminine au XVIIIe siècle et des différentes façons dont vous avez été traitées au cours de votre vie. Nous allons commencer avec vous, La Vieille qui avez  connu des épreuves  infranchissables.
Que pouvez-vous nous dire sur votre condition en tant que femmes dans le XVIIIe siècle ?

La vieille: Beaucoup de personnes se plaignent « hélas ! Vous n'avez pas éprouvé des infortunes telles que les miennes. » « Je voudrais savoir lequel est le pire, ou d'être violée cent fois par des pirates nègres, d'avoir une fesse coupée, de passer par les baguettes chez les Bulgares, d'être fouetté et pendu dans un autodafé, d'être disséqué, de ramer en galère, d'éprouver enfin toutes les misères par lesquelles nous avons tous passé, ou bien de rester […] à ne rien faire ? C'est une grande question »

Journaliste : Merci. Maintenant, nous allons nous adresser à Cunégonde, fille du baron de Thunder-ten-Tronckh prématurément chassée de ce château familial. Que pouvez vous nous dire sur le changement entre votre vie au château et la vie du monde extérieur ?

Cunégonde : Malgré toutes les épreuves que j’ai traversées, je me suis toujours considérée comme future baronne mais suite à la guerre j’ai été traitée directement comme une moins que rien, « à moins que vous n'ayez été violée par deux Bulgares, que vous n'ayez reçu deux coups de couteau dans le ventre, qu'on n'ait démoli deux de vos châteaux, qu'on n'ait égorgé à vos yeux deux mères et deux pères, et que vous n'ayez vu deux de vos amants fouettés dans un autodafé, je ne vois pas que vous puissiez l'emporter sur moi ; ajoutez que je suis née baronne avec soixante et douze quartiers, et que j'ai été cuisinière.»

Journaliste : Dans le livre, vous défendez toutes deux avec des arguments plutôt similaires, votre traitement et vos conditions de vie. Que pouvez-vous nous en dire ?

La Vieille : Avec du recul, beaucoup de femmes ont été traitées de la même manière, on ne choisissait pas notre mari et ni notre futur. Certaine se plaignent mais sont loin d’avoir vécu toutes les misères du monde. J’étais sûre de moi et je me savais belle : «Je croissais en beauté, en grâces, en talents, au milieu des plaisirs, des respects et des espérances. J'inspirais déjà de l'amour, ma gorge se formait; et quelle gorge ! blanche, ferme, taillée comme celle de la Vénus de Médicis ; et quels yeux ! quelles paupières ! quels sourcils noirs ! quelles flammes brillaient dans mes deux prunelles, et effaçaient la scintillation des étoiles, comme me disaient les poètes du quartier. Les femmes qui m'habillaient et qui me déshabillaient tombaient en extase en me regardant par devant et par derrière, et tous les hommes auraient voulu être à leur place.» « Je ne vous dirai point combien il est dur pour une jeune princesse d'être menée esclave à Maroc avec sa mère.»

Cunégonde : Pour moi, tout est bien différent. Je n’aimais qu’un seul homme. Mes conditions de vies sont passées du rêve à l’enfer, en quelques jours je suis devenue un simple animal, L’épisode le plus traumatisant pour moi dans ce compte fut la destruction de ma famille et la perte de ma virginité par la faute d’un de ces Bulgares. « J'étais dans mon lit et je dormais profondément, quand il plut au ciel d'envoyer les Bulgares dans notre beau château de Thunder-ten-tronckh ; ils égorgèrent mon père et mon frère, et coupèrent ma mère par morceaux. Un grand Bulgare, haut de six pieds, voyant qu'à ce spectacle j'avais perdu connaissance, se mit à me violer ; cela me fit revenir, je repris mes sens, je criai, je me débattis, je mordis, j'égratignai, je voulais arracher les yeux à ce grand Bulgare, ne sachant pas que tout ce qui arrivait dans le château de mon père était une chose d'usage : le brutal me donna un coup de couteau dans le flanc gauche dont je porte encore la marque. »

Journaliste : La vieille, cette question est pour vous. Nous connaissons votre horrible passé, et vous vous en aviez d’ailleurs parlé, lors d’un de vos passages. Vous en rappelez-vous ?

La Vieille : Oui tout à fait. Aujourd’hui je me rends compte que la société a changé, vous rendez vous compte qu’à un moment les hommes affamés mangeaient les femmes? Oui, « Au bout de quelques jours, [les hommes]  résolurent de manger les femmes.»Trouvez-vous cela normal, alors que les hommes et les femmes sont presque totalement identiques.


Journaliste: En effet, tout cela n’est pas très normal, Cunégonde, La Vieille, merci beaucoup de vos témoignages. Les lectrices de ce magazine y trouveront sûrement matière à réflexion.


 


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